Le cadmium fait beaucoup parler de lui. Les derniers avis des autorités sanitaires rappellent que l’exposition des Français est jugée élevée. Pas de raison de paniquer, mais il est utile de comprendre où se trouvent vraiment les sources les plus importantes. Cela permet de garder une alimentation variée et sûre, sans soupçonner chaque aliment.
Quels aliments sont les plus concernés ?
Selon l’Anses, certains aliments présentent des teneurs élevées en cadmium. Ils ne sont pas dangereux en soi, mais ils méritent une vigilance particulière lorsqu’ils reviennent souvent dans l’assiette.
- Crustacés et mollusques
- Abats
- Biscuits sucrés et salés
- Barres de céréales
- Chocolat
L’INRAE ajoute également d’autres produits à surveiller :
- Algues
- Certains champignons
- Graines de tournesol
- Cacao en poudre
Ces aliments ne sont pas responsables à eux seuls de l’exposition totale. La fréquence et les quantités consommées jouent un rôle essentiel. Si vous en consommez souvent, il peut être utile de les alterner davantage.
Les légumes-feuilles : une famille à surveiller
Les autorités européennes considèrent les légumes-feuilles comme plus sensibles à l’accumulation de cadmium. Cela concerne notamment :
- Salades
- Épinards
- Blettes
- Roquette
- Chou kale
- Herbes fraîches comme le persil
Pas de raison d’en avoir peur. Ces légumes restent essentiels pour une alimentation équilibrée. Mais si vous les consommez très souvent, varier les types de légumes peut être une bonne idée.
Pain, légumes et pommes de terre : pas les plus concentrés
Le pain, les pommes de terre et les légumes en général contribuent beaucoup à l’exposition des Français. Mais ce n’est pas parce qu’ils sont très chargés. C’est simplement parce qu’on en mange souvent.
L’important est donc de distinguer deux notions :
- La concentration en cadmium dans un aliment
- La contribution réelle à l’exposition, liée à la fréquence de consommation
Les aliments du quotidien ne doivent pas être transformés en suspects inutiles. Le vrai piège, c’est la répétition.
Varier l’alimentation : la recommandation centrale
L’Anses recommande de limiter la fréquence des produits à base de blé sucrés ou salés lorsqu’ils reviennent très souvent. Elle encourage aussi une consommation plus variée de féculents.
Les légumineuses comme les lentilles, pois chiches, haricots secs ou pois cassés affichent une contribution faible à l’exposition selon l’étude EAT3. Elles peuvent donc aider à diversifier les repas.
Les légumes-racines, quant à eux, ne sont pas seuls concernés. Le cadmium entre par les racines, mais son accumulation dépend ensuite du type de plante, de la variété et du sol. Réduire le sujet aux carottes ou aux betteraves ne serait pas suffisant.
Quels aliments sont peu contaminés ?
L’INRAE rappelle que plusieurs aliments présentent des teneurs faibles en cadmium :
- Fruits
- Lait
- Miel
- Viande issue des animaux d’élevage
- Poissons comme le cabillaud, la truite ou le merlu
Ces aliments permettent de remettre un peu de perspective et d’équilibre dans l’assiette.
Bio ou conventionnel : une différence limitée
Le passage au bio n’élimine pas automatiquement le cadmium. Sa présence dépend surtout :
- de la contamination géologique des sols
- de l’usage d’engrais phosphatés
- des pratiques agricoles
La solution se joue donc surtout dans la gestion des sols et des fertilisants, en amont de nos assiettes.
Les contenants alimentaires : que faut-il éviter ?
Le sujet est secondaire, mais important. La DGCCRF rappelle qu’il faut utiliser des matériaux adaptés au contact alimentaire.
Les matériaux pouvant poser problème :
- Certaines céramiques
- Certains verres décorés
- Objets émaillés
- Pièces anciennes
Des dépassements de migration de plomb et de cadmium ont encore été relevés en 2024.
Les bons réflexes :
- Ne pas réchauffer ou servir dans un objet décoratif
- Éviter de détourner des contenants dont l’usage alimentaire n’est pas clair
- Ne pas réutiliser des emballages à usage unique
- Vérifier les consignes d’emploi
En résumé
Vous ne pouvez pas supprimer complètement le cadmium de votre alimentation. En revanche, vous pouvez réduire l’exposition en évitant les aliments les plus concentrés lorsqu’ils reviennent trop souvent, en variant davantage les repas et en utilisant une vaisselle adaptée.
La véritable solution se trouve aussi en amont, dans la gestion des sols et des pratiques agricoles. En attendant, diversité, modération et bon sens restent vos meilleurs alliés.




