Survivalisme en France : les ventes de bunkers et de nourriture lyophilisée en forte hausse

En France, le mot survivalisme revient sur le devant de la scène dès qu’un conflit ou une catastrophe mondiale occupe l’actualité. Mais derrière cette notion souvent associée à l’apocalypse, une réalité plus large et bien plus nuancée se dessine. Les ventes de bunkers, les stages de survie et la nourriture lyophilisée connaissent aujourd’hui une forte croissance. Pourquoi un tel engouement ? Et que révèle-t-il vraiment de nos modes de vie ?

Un intérêt ravivé par les crises internationales

Ces dernières semaines, la guerre au Moyen-Orient a suffi à relancer les inquiétudes. Sur RMC, Patrice Roussel, gérant d’une société de ventes de bunkers, parle d’une « explosion des demandes de devis ». Pourtant, très peu d’entre elles se transforment en achats. On estime qu’il existe en France moins de 1.000 abris antiatomiques, dont seulement 400 chez des particuliers (le reste étant militaire).

Faut-il y voir une montée du phénomène « prepper » ? Ces adeptes se préparent à un effondrement économique, une guerre, une catastrophe écologique ou autre événement majeur. Ils stockent de la nourriture, créent des abris, cherchent à purifier l’eau ou à produire leur propre électricité.

Une définition plus large qu’on ne l’imagine

Selon le sociologue Bertrand Vidal, le survivalisme désigne à l’origine des personnes qui anticipent un avenir incertain. Acheter une batterie de secours avant une tempête peut déjà être considéré comme un réflexe survivaliste.

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Mais la définition s’est élargie. Aujourd’hui, plusieurs profils sont associés à ce mouvement :

  • Les adeptes du bushcraft, qui vivent en immersion totale dans les bois
  • Les randonneurs parties en autonomie plusieurs jours
  • Les preppers, dans leur version plus radicale

Cette diversité rend leur nombre difficile à estimer. Une fourchette souvent citée parle de 100.000 à 150.000 survivalistes en France, mais elle repose surtout sur les communautés actives en ligne.

Un mot galvaudé selon les professionnels du secteur

Dans les magasins Au Vieux Campeur, Aymeric de Rorthays voit chaque semaine des clients se déclarer survivalistes. Mais selon lui, ce terme est « utilisé à tort et à travers ». Certains veulent s’initier au bushcraft. D’autres souhaitent simplement partir en randonnée solo.

Il distingue clairement deux profils :

  • Le bushcrafter, cherchant le matériel le plus simple possible : couteau, boussole traditionnelle, pas de GPS.
  • Le randonneur autonome, qui vise des produits sophistiqués : montres connectées, chaussures techniques, repas lyophilisés.

L’essor spectaculaire de la nourriture lyophilisée

Le marché des repas lyophilisés est celui qui connaît la croissance la plus rapide. Avec l’essor de la randonnée en autonomie, il explose à l’échelle mondiale. Le cabinet Imarc prévoit qu’il atteindra 3,1 milliards de dollars en 2025, puis 5,6 milliards en 2034.

De nombreuses marques se sont engouffrées dans cette niche : Voyager, Adventure Food, Real Turmat. Même Charal avec sa gamme « Charal Sport » et Decathlon avec Forclaz proposent désormais leurs propres plats.

Les prix reflètent aussi ce dynamisme. La marque norvégienne Real Turmat vend ses repas environ 10 euros pour 520 grammes une fois réhydratés. Voyager demeure légèrement plus abordable.

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Mais selon Aymeric de Rorthays, le secteur risque vite de saturer. Chaque mois, une nouvelle marque tente d’être référencée. Peu réussissent à se différencier : « Proposer encore des spaghetti bolognaise lyophilisés, ce n’est plus suffisant. »

Les stages de survie séduisent un public toujours plus large

Autre indicateur fort : la hausse des stages de survie. Ces séjours de deux jours ou plus en forêt apprennent à faire du feu, construire un abri ou se nourrir dans la nature.

Denis Tribaudeau, pionnier en France au milieu des années 2000, proposait au départ une dizaine de stages par an. Aujourd’hui, son agence compte 15 personnes et organise 130 séjours par an. Il insiste : la progression n’a jamais été brutale, mais constante depuis vingt ans. L’émission « Seul face à la nature » (Man vs Wild) diffusée en 2008 a d’ailleurs offert une visibilité importante au mouvement.

Quand Decathlon institutionnalise la pratique

La démocratisation est telle que Decathlon propose désormais ces stages via Decathlon Travel, en partenariat direct avec Denis Tribaudeau. La marque publie même des pages pédagogiques sur le bushcraft pour guider les débutants.

Preuve que le survivalisme n’est plus une niche marginale. Il devient une manière de se reconnecter à la nature, de tester son autonomie et de rechercher une forme de sécurité personnelle. Une tendance profonde, installée et bien plus diversifiée qu’on pourrait le croire.

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Gustavo V.
Gustavo V.

Passionné de pizza et de cuisine italienne, Gustavo partage ses astuces pour réaliser une pâte parfaite et des recettes authentiques, mêlant tradition et convivialité.